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Matos: Les plaques  
Auteur : Denix
Publié: 15/12/2004
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Les Plaques

Quand j’ai démarré le jet et, à partir du moment où j’ai voulu le faire évoluer, je me suis posé un tas de questions : "A quoi ça sert ?"… et "Est-ce que c’est réellement efficace ?".

Je vais tenter ici de vous donner le ressentiment de ma propre expérience.

Je n’ai pas essayé tous les modèles et encore moins sur chaque type de jet ! Toutefois, ce que je vais vous décrire est très probablement transposable.

Je ne débattrai pas sur le rapport qualité/gain. En Jet, toutes les pièces sont chères et valent rarement leur prix. On les achète d’abord par passion, pour se faire plaisir…

Je vous invite aussi à faire part de vos remarques pour étoffer cet article de vos propres expériences. Car dans ce chapitre, rien ne vaut la connaissance du terrain. Soyez donc critique.

La plaque :

La plaque se situe sous la coque et à l’arrière de l’entrée de la turbine.

Lorsqu’on souhaite changer cette pièce, on attend deux choses :

  • plus de stabilité,

  • plus d’accroche en courbre.

On trouve plusieurs types de plaques dans le commerce, avec ou sans rainures, plus ou moins longues et avec ou sans pente (angle).

Chaque modèle compose plus ou moins avec les deux objectifs ci-dessus. On trouve aussi des plaques en carbone qui remplacent avantageusement l’aluminium en terme de poids et de solidité.

Revenons aux objectifs :

1. Plus de stabilité : Qui n’a pas "marsouiné" ? Mais avant d’aller plus loin, une petite définition sur ce mot inconnu du dictionnaire et pratiqué dans le monde du jet.

Marsouiner : Action du jet qui consiste à imiter le mouvement du marsouin (Mamifère voisin du dauphin) lorsqu’il se déplace. Bref, le jet basule d’avant en arrière sans cesse. Ce mouvement involontaire empêche le jet d’atteindre sa vitesse de pointe maximum.

En augmentant la longueur de la plaque, on augmente la longeur du jet. C’est-à-dire son empâtement.

Donc, plus on augmente la longueur de la plaque, plus on accroît sa stabilité. A contrario, on réduit sa maniabilité. Bien que la maniabilité soit ‘altérée’, elle l’est bien peu au regard du gain acquis. Mais tout reste affaire de compromis.

Une plaque plus longue, en éliminant le marsouinage, permet d’atteindre sa vitesse de pointe plus aisément. Pourtant, celle-ci réduit dans l’absolu la vitesse du jet. Je m’explique : Les frottements sur l’eau reduisent sensiblement la vitesse. Une voiture sur roues et roulements va bien plus vite que nos jets même avec un moteur de 55 CV, car ses fottements sont réduits au minimum : Surface en contact roues-sol réduit et idem pour les roulements.

Bref, l’eau freine de part son coefficient d’adhérence et la surfface en contact. Une plaque plus longue offre plus de frottement et ralentit le jet. Une plaque trop longue peut le ralentir franchement.

En résumé : On gagne de la vitesse en supprimant l’effet de marsouinage. Mais on peut en perdre en poussant le bouchon trop loin.

Pour privilégier la vitesse pure il faut choisir une plaque lisse et sans pente. On gagne tout de même en accroche en courbe par rapport à la plaque d’origine.

2. Plus d’accroche en courbe :

Voilà une option à ne pas négliger pour ceux qui font du slalom. On peut y gagner beaucoup.

On distingue deux catégories :

·        Les plaques à rainures.

·        Les plaques à pente.

        2.1. Les plaques à rainures :

        Il en existe de toutes sortes. Certaines avec de multiples petites rainures comme la RIVA (exemple). D’autres comme la Quadra-Fin avec deux rainures profondes et larges.

Ces rainures augmentent l’accroche en virage de l’arrière du jet. Cela a même tendance à le bloquer (dans une certaine mesure) et diminue le dérapage. Il faut savoir que si certains pilotes y trouvent un plus, d’autres n’aimeront pas ça.

2.2. Les plaques à pente :

Qu’est-ce qu’on entend par pente ? En fait la plaque n’est pas dans le même plan horizontal que la coque du jet. Elle forme une pente. Exemple de ce type de plaque : ‘Jet dynamic’.

Celle-ci force l’avant du jet à rester coller sur l’eau et plaque littéralement le jet. Ce type de plaque est IMPERIAL sur l’eau lisse. L’accroche du jet en courbe est carrément bluffant. Mais rien n’est parfait. Lorsque le plan d’eau devient agité, le jet devient très sauteur avec tous les inconvénients qui en découlent. Fatigue, puissance mal transmise car on prend plus d’air dans la turbine.

Quid de la vitesse de pointe pour ces deux catégories de plaques :

On peut aller facilement plus vite que celle d’origine car elle limite très sensiblement l’effet marsouinage. Néanmoins, elles font perdre un peu de vitesse de pointe par rapport à une plaque lisse. En effet, les rainures augmentent la surface en contact avec l’eau. Et sur les plaques à pente il y a encore plus de surface de frottement car l’avant du jet est plaqué donc collé à l’eau.

Remarques :

  • En sport mécanique tout n’est qu’affaire de compromis vis-à-vis de votre choix initial. Pensez toujours qu’est-ce qui est le plus adapté à votre pratique. Il y a aussi le choix du coeur. Certains qui font que du slalom choisissent une plaque de vitesse uniquement pour pourrir les copains lors d’un ‘Run’. Ne boudons pas ces petits plaisirs.

  • Ce qu’il faut savoir lorsqu’on pose une plaque la première fois : Le comportement du jet va changer. En jet à bras, par exemple, avec la plaque d’origine on peut sentir quand le jet commence à décrocher dans un virage. Avec une plaque du commerce le décrochage est plus tardif et il est aussi plus difficile de l’anticiper.

Quelques modèles de plaques :

Le coin bidouille :

Dans la présentation ci-dessus, nous avons pu voir les atouts et les défauts de chaque modèle de plaque.

Dans ce paragraphe je vais vous donner quelques astuces pour affiner les performances de votre plaque quelque-soit le modèle initial que vous aurez choisi.

  • Les plaques à pente sont les plus performantes en slalom tant que l’eau est relativement calme.

Alors transformons la nôtre :

. Déviser les quatres vis qui tiennent la plaque.

. Glissez sur les deux vis arrières, des rondelles Inox entre la plaque et la coque du jet.

. Revisser les 4 vis.

Vous voilà le roi du slalom et vous pouvez moduler avec le nombre de rondelles dès que les conditions évolues. La manip prend 5 minutes avec le temps de sortir er rentrer les outils de la voiture.

  • Vous voulez gagner en accroche dans toutes les conditions et il vous faut des rainures.

Pas question d’en creuser bien sûr. Mais vous pouvez acheter des réglets en alluminium dans n’importe quel magasin de bricolage. Il existe des modèles de 5 x 5 mm et de 10 x 10 mm.

Percer votre plaque de façon à adjoindre le réglet que vous maintiendrez avec des vis inox après avoir taraudé les trous de perçage. La tête des vis étant du côté intérieur à la plaque. Placer au moins deux réglets parallèles.

Arrondissez les têtes de vos réglets. En plus du profil hydrodynamique, vous ne blesserez pas un de vos collègues qui passerait accidentellement sous le jet.

Si vous souhaitez retrouver l’état initial il vous suffit de dévisser l’ensemble et de boucher les trous de la plaque avec un peu de résine.

  • Maintenant vous souhaitez gagner en vitesse de pointe.

J’ai la méga astuce : Si vous avez bien lu la présentation ci-dessus, vous l’aurez compris, c’est le frottement de l’eau qui freine le jet.

Il faut donc supprimer l’eau entre votre plaque et le jet. Pour cela on va y mettre de l’air. (Non, je ne suis pas fada, mais pour bien me comprendre je vais solliciter votre plus vive attention).

Explication du principe : Si vous prenez une paille pour boire un drink, vous noterez qu’il est plus facile d’aspirer de l’air que la boisson elle-même. Eh bien nous allons uiliser ce phénomène naturel pour parvenir à notre fin.

Le procédé est ultra simple. Deux petits trous vont suffire. Lorsque la vitesse est suffisante (à partir de 10 km/h) la cavité où repose la turbine est au sec. C’est-à-dire que l’air est présent entre la plaque et la turbine.

Il suffit de percer deux trous distants à l’avant de la plaque pour que l’air soit aspiré sous celle-ci par le phénomène de dépression - l’air étant plus facile à tirer que l’eau.

Attention pour être efficace, il faut que les trous soient percés de biais, de l’avant vers l’arrière lorsque l’on regarde la plaque démontée par le dessus.

Si vous souhaitez retrouver l’état initial, il vous suffit de reboucher les trous avec un peu de résine.

Remarque : Inconvénient de ce procédé : il réduit l’accroche en courbe. Mais j’ai vu en mer des Runs qui ne tournaient ‘jamais’.


Cette vu indique le sens (le bias) à donner à la pente des trous





Denis Derrien

 
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